jeudi 3 octobre 2013

Mesure de distance sur des parcours homologués FFA


Alors que viennent de se dérouler les 10km & 20km de Tours et que dans un mois se profile les 10km de La Ville Aux Dames (Officiel et qualificatif FFA), je me suis intéressé à la méthode de calcul des distances officielles des courses hors stade, sachant qu'aujourd'hui avec les montres GPS chaque coureur peut mesurer la distance qu'il vient d'effectuer. Voici le bilan de ma recherche.
Tout d'abord, sachez qu'il y a quatre labels FFA.
  • Le label régional
  • Le label national
  • Le label international
  • Le label montagne

Si une course à label aura, entre autre, un parcours mesuré officiellement, on peut très bien faire mesurer son parcours de manière officielle sans chercher une label. Vous me suivez ?

LE MESURAGE

L’idée de savoir comment on fait m’est venue en lisant ici et là des commentaires offusqués sur telle ou telle course qui ne ferait pas la bonne distance, la montre GPS faisant foi et patati et patata. Sans oublier les réponses qui fusent ici et là pour confirmer ou infirmer et parfois, ouf, pour expliquer les choses.

La chose n’est pourtant pas anodine et si nous sommes nombreux à ne pas courir pour la gloire, beaucoup recherchent l’exactitude. De même, pour pouvoir se comparer entre deux courses différentes de même distance, la justesse des mesurages est un point important (mais pas forcément suffisant). 

La FFA (Fédération Française d’Athlétisme) reprend à son compte les modes de mesurages préconisés à la fois par l’IAAF (International Association of Athletics Federations ou en français, ASSOCIATION INTERNATIONALE DESFEDERATIONS D’ATHLETISME) et par l’AIMS (Association of International Marathons and Road Races ou l’association internationale des Marathons et Courses sur Route)

Tout d’abord, pour être labellisé, et afin d'éviter des parcours qui s’avéreraient trop courts lors d'un remesurage ultérieur, les parcours sont mesurés en recourant à un facteur préventif d’environ 0.1%, ce qui signifie que chaque kilomètre du parcours aurait une "longueur mesurée" de 1001m. Ainsi, lorsqu’un mesureur officiel viendra homologuer le travail, le parcours ne pourra pas être trop court.

Et qui mesure ? Ou bien un mesureur national, ou bien un expert international IAAF.

Le mesurage à proprement parlé

Bon disons qu’avant de mesurer précisément un parcours, il faut déjà le définir ce parcours, en avoir une bonne idée. Un plan du parcours avec les positions d’éventuelles rubalises et autres barrières devra être établi à la fin. Il faut savoir que le parcours se mesurera sur la chaussée, pas sur les trottoirs. De fait, un coureur qui emprunterait un trottoir pourrait se voir disqualifié car « hors parcours ». Lorsqu’il y a un ou plusieurs virages et autres chicanes ou angles, la mesure prise sera la ligne la plus directe entre les points, afin d’en mesurer la distance la plus courte.
 Avant de se lancer dans le mesurage, on utilisera un vélo qu'il faudra étalonner sur 500 m ou plus et ce sur le lieu de la course à l’aide d’un ruban métallique correctement tendu, je vous passe les détails. Comme ces fameux rubans sont certifiés exact à une température de 20°C il faudra ajouter une correction suivant que la température sera inférieure (le ruban métallique se rétractant) ou supérieure (le ruban métallique se détendant). Par exemple, si l’étalonnage se fait sur une distance de 500 m et qu’il fait 10°C, les repères (des clous plantés dans la chaussée !) devront être placés à 0 et 506 cm (donc + 6cm). A contrario, s’il fait 35°C, il faudra retirer 9 cm, donc mettre les repères à 0 et 491 m ! Oulà ! Je commence à avoir mal à la tête moi !

Une fois ces repères de distance effectués, il faudra utiliser un vélo auquel on adjoindra un compteur. Mais pas n’importe quel compteur. Non ! Il s'agit d'un compteur Jones. 

Ce compteur compte des impulsions et non des distances. D’où l’importance de l’étalonnage. En effet, suivant la taille de la roue, pour parcourir une même distance, le nombre de tours de roue sera différent, et donc le nombre d’impulsions donné par le compteur aussi, forcément. Bref, on installe le compteur sur le vélo, on fait rouler le vélo entre les deux clous à 4 reprises et on mesure la moyenne du nombre des impulsions obtenues. Un beau produit en croix et on connaît le nombre d’impulsions pour parcourir 1 km.
Vous avez mal à la tête ? Un exemple concret vaudra mieux qu’une bonne ordonnance !

Prenons deux vélos aux roues différentes : A et B

Le compteur Jones du vélo A donne une moyenne de 4 629 impulsions pour réaliser les 500m d’étalonnage. Donc pour faire 1 000m il faudra 4 629x2= 9258 impulsions à ce même compteur et donc pour faire un semi, il lui faudra 9 258 x 21,1 soit 195 344 impulsions !

Le compteur Jones du vélo B donne une moyenne de 4 599 impulsions pour les mêmes 500m que ci-dessus (car la roue n’est pas aux mêmes dimensions), il faudra alors avec ce vélo B que le compteur indique 4 599 x 2 x 21,1 = 194 078 impulsions pour mesurer le même semi-marathon.

Une fois le parcours mesuré, on relance la procédure des 4 étalonnages pour vérifier que l’on tombe encore et toujours sur les mêmes mesures ! Dans le cas contraire (changement de température, pneu dégonflé ou crevé…), une moyenne du pré étalonnage et du post étalonnage sera faite et servira pour le calcul définitif du parcours, lequel pourra être ou corrigé ou remesuré !

Sur une course importante, genre internationale IAAF, non seulement ce sera l’expert international IAAF qui homologuera le parcours, mais en plus, il devra se trouver dans la voiture de tête pour s’assurer que le coureur emprunte bien le bon parcours (donc pas de trottoir) pour pouvoir valider (ou non) un résultat, un record.

Bref, on peut donc légitimement dire qu’un parcours mesuré de la sorte sera correctement mesuré, le GPS ne pouvant être à ce point précis, surtout si le coureur emprunte les trottoirs, zigzague pour récupérer un ravitaillement ou fait les cordes extérieures ! Perso, avec mon Garmin GPS muni d’un accéléromètre, j’ai nettement moins de 1% d’écart sur les courses officielles, alors ! Ne venez pas crier à l’arnaque parce que votre 10 km mesure 50 m de plus ou de moins ! Fallait pas picoler sur la route non plus !

Ah ! Petite précision concernant les courses officielles. A vol d'oiseau, les points de départ et d'arrivée ne peuvent être distants de plus de 50% de la longueur du parcours. Donc sur un 10 km, le point de départ et d'arrivée devront se situer à un maximum de 5 km à vol d'oiseau l'un de l'autre. Autant dire qu'une course en ligne comme celle de Boston ou le marathon "du bout du monde" en Bretagne, ne peuvent prétendre à homologation, mais qu'est-ce qu'il doit être sympa à faire !

LIENS OFFICIELS : 



Enfin au sujet des mesures des montres GPS :

Le magazine VO2 a écrit:
Selon une enquête du New York Times, les montres GPS ne seraient pas totalement fiables. - C’est le New York Times qui a osé mettre les pieds dans le plat sur un sujet très "polémique". La mesure de distance effectuée par une montre GPS est le plus souvent fausse.

Dans ce dossier, le journaliste avec études de terrain à l’appui démontre le manque de fiabilité des montres GPS et cela quelque soit le modèle.

Il relaie également dans cet article l’exaspération des organisateurs d’évènements qui les lendemains de course se font agresser par les coureurs (via Facebook, Twitter et email) qui estiment que la distance d’un marathon (pourtant mesuré avec une totale fiabilité avec le compteur Jones) ou d’un trail est fausse. Situation semblable à ce que l’on connaît en France, surtout lors d’épreuves d’ultra, où le kilométrage est souvent sujet à polémique.

Aux Etats-Unis, des tests ont même été réalisés sur piste de 400 m et à chacun des tours, le GPS ne donnait jamais la même distance avec un faible écart constaté. De même, en aller et retour, le GPS affichait une différence... !!!

La marge d’erreur s’amplifie dès lors que l’on court en zone urbaine avec de nombreux immeubles, dans des parcs avec un couvert végétal dense, sur routes ou chemins avec de nombreux virages ou bien en pleine nature où montagnes et falaises perturbant la captation du signal satellite.

De cet article, il en ressort que l’on peut faire confiance à un GPS dès lors que l’on court sur des routes (ou grands chemins) relativement droites, très dégagées, sans couvert végétal et avec un bon signal de captation. Autant dire un cas de figure pas si fréquent.

LIENS
Finalement rien de bien nouveau... On sait depuis longtemps que la mauvaise captation satellitaire due à un environnement dégradé (arbres, immeubles...) influe négativement sur la mesure des distances. Par ailleurs, même à découvert, il est nécessaire de pouvoir capter plusieurs satellites simultanément pour améliorer l'imprécision (relative car imposée par les militaires) inhérente au système américain de positionnement par GPS (mesures qui devraient s'améliorer dans les prochaines années avec l'introduction progressive du système civil européen Galileo bien plus précis). Ceci dit, GPS, Galileo ou autres, il sera toujours nécessaire de capter convenablement le signal satellitaire (plusieurs signaux satellitaires) pour assurer un positionnement le plus précis possible, et donc effectuer une mesure de distance fiable.

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